A la lueur de la nuit
Sans me retourner je suis parti
Non pas pour fuir
Mais pour me trouver
Pour ne pas te faire souffrir
J'ai préféré m’en aller
Pour revenir
Bien plus apaisé
Pourtant les jours s’allongent
Comment se fait-il que je sombre
Je commence à avoir peur de mon ombre
Et comme un chien je tourne en rond
Mais baisser les bras pas question
J’ai fini de me morfondre
J’entends le carillon
C’est l’heure où ils arrivent
Je me sens démuni
Face à mes créatures
Ils me somment de venir
Mais je n’ai pas envie
La torpeur est de mise
Laisse-moi être ton guide
Je t'emmènerai
Dans les chemins compliqués
Je t'accompagnerai
Sur les routes de la vie
Je te protègerai
De ceux qui veulent te nuire
Il y aura des embûches
Mais en prenant ma main
Ce sera plus facile
Parcourant mon chemin
Sans regarder trop loin
Je scrute autour de moi
Mais hélas tu ne viens pas
Je fredonne cet air
Qui me rappelle hier
Celui que tu aimais
Et que tu chantais
Ma tête est un champ de mines
Qui s’enfonce dans les abîmes
Je me lève je joue je tire
Mais à la fin c’est moi qui perds
Je ne sais pas quel sortilège
Mais je suis pris au piège
Je vous écris aujourd’hui
Pour que vous sortiez de ma tête
Comme une empreinte indélébile
Incrustés vous êtes
Je ne vous ai pas invité
Et pourtant vous restez
Je voudrai vous chasser
Mais vous êtes tenaces
Et agglutinés
Dans ce brouillard épais je navigue à vue
J’ai en moi toute cette déconvenue
Qui hante mes nuits et me fait arpenter les rues
Personne ne me voit personne ne m’a vu
Quand l’aube ressurgit je rentre chez moi
Avec le temps et ma détresse
S’ajoute le fardeau de mes peines
Je traverse avec tristesse l’étendue de ces plaines
Pourtant l’espoir coule encore dans mes veines
Et si je souris c’est pour cacher ma haine
J’aurais voulu pouvoir leur dire
Que tout ceci est irréel
Et qu’en fermant les yeux
Tout devient plus merveilleux
Mais la bête est bien réelle
Et elle entraîne avec elle
Mes rires et même mes peines