Les turpitudes d'un poète unipolaire

Mal au monde

dragon-noir Par 0

Mal au monde

J'regarde la lune, j'ai mal au monde.
Comme une blessure, bien trop profonde.
En haut des dunes, les nuages plombent,
Et cette odeur nauséabonde.

Au milieu des perles et des fleurs.
Mes draps transpirent la douleur,
Dans la beauté d'leur monde sans heurt.
Moi j'dégueule toute mon aigreur.

Elles fanent toujours pour les mêmes cons.
Dans les cours sans horizon.
Bravant leur vie sans illusion.
Au milieu des sacs Vuitton.

Les survivants des hécatombes,
Les innocents des fragments d'bombes,
Les oubliés derrière leur ombre,
Marchent au pas, droit dans leur tombe.

Pendant qu'fleurissent dans leur cervelle,
La décadence qui les appellent.
Les milliardaires s'envoient en l'air,
Et les sangsues les regardent fières.

Baissent le dos, courbent la tête,
En se jetant sur quelques miettes.
Comme les trois singes qui laissent faire,
Fermer les yeux et surtout s'taire.

Les naufragés des champs bien verts,
Doivent s'acquitter de la gabelle,
Et s'en retournent dans le désert,
Priant la pluie providentielle.

J'regarde la lune, j'ai mal au monde.
Comme une blessure bien trop profonde.
Mes draps transpirent la douleur.
Et moi j'dégueule toute mon aigreur.

 

Karen Nadine de Pixabay

 Dragon Noir. Tous droits réservés

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